Les dieux du monde : frise et carte
Cliquez sur une pastille ou sur le nom d'une tradition pour colorier sa zone sur la carte, qui reste visible pendant que vous parcourez la frise. Les traditions à sources tardives sont placées à la date de leur première documentation, pas à celle de leur ancienneté supposée. Cliquer sur une région de la légende masque ou réaffiche ses pastilles.
av. J.-C.
Obeïd, Uruk et Nagada
En Basse Mésopotamie, seuls Uruk et Eridu laissent des traces de dieux, par déduction. En Égypte, cultes locaux d'animaux (faucon, vache, cobra) et royauté naissante. L'akkadien et les langues du Levant ne sont pas encore écrits.
av. J.-C.
Dynastique archaïque et Ancien Empire
En Mésopotamie, cités-États rivales et premières listes de dieux vers 2600 (Fara). En Égypte, le pharaon devient fils de Rê, et les Textes des Pyramides (~2350), parmi les plus anciens textes religieux, décrivent la famille divine d'Héliopolis.
av. J.-C.
Ébla et empire d'Akkad
Sargon unifie la région, Naram-Sîn se fait diviniser. Les dieux sumériens reçoivent des noms akkadiens. À Ébla, en Syrie du Nord, les archives révèlent un panthéon ouest-sémitique, proche de celui de Canaan plus tard.
av. J.-C.
Élam (Suse et Anshan)
Le traité entre Naram-Sîn d'Akkad et un roi élamite (~2260) est le plus ancien texte élamite et cite des dizaines de dieux. Vers 1250, la ziggurat de Chogha Zanbil honore Inshushinak et Napirisha. En 647, Assurbanipal saccage Suse et emporte les statues divines.
av. J.-C.
Troisième dynastie d'Ur
Apogée du monde sumérien. Les scribes décrivent les Amorites, peuples de l'ouest, et leur dieu Martu.
av. J.-C.
Paléo-babylonien, Mari et Moyen Empire
Le sumérien devient langue savante et les scribes copient les mythes. Hammurabi (~1792–1750) fait monter Marduk. À Mari, les Amorites vénèrent Dagan et Addu. En Égypte, Osiris devient accessible à tous dans les Textes des sarcophages, et Amon monte à Thèbes.
av. J.-C.
Crète minoenne et Grèce mycénienne
Aucun nom de dieu minoen n'est lisible (le linéaire A n'est pas déchiffré) : on interprète statuettes, sanctuaires de sommet et doubles haches, souvent à la lumière de mythes grecs bien plus tardifs. Les tablettes mycéniennes en linéaire B (~1400–1200), elles, nomment déjà Zeus, Héra, Poséidon et Dionysos, bien avant Homère.
av. J.-C.
Hittites et Hurrites (Anatolie)
Les Hittites, de langue indo-européenne, adoptent les dieux des Hattis puis des Hurrites : dieu de l'orage (Tarhunna, Teshub), déesse solaire d'Arinna, Hebat. Ils invoquent « les mille dieux du pays de Hatti ». Le Chant de Kumarbi, où un dieu mutile son père Anu, ressemble à la Théogonie d'Hésiode, signe possible d'un lien entre l'Anatolie et la Grèce.
av. J.-C.
Bronze récent : Kassites et Ugarit
Ugarit (côte syrienne, ~1400–1180) livre les grands textes cananéens : El préside, Baal combat Yam, meurt devant Mot puis revient. La ville disparaît vers 1180. En Mésopotamie, les Kassites règnent à Babylone.
av. J.-C.
Nouvel Empire égyptien
Amon-Rê règne sur Thèbes et l'empire. Akhenaton impose Aton (~1350), souvent lu comme un premier monothéisme, ce qui reste discuté et sans lendemain. Dès les Hyksos puis sous Ramsès II, Seth est assimilé à Baal, et Anat et Astarté entrent dans le panthéon égyptien.
av. J.-C.
Rig-Véda (Inde du Nord-Ouest)
Hymnes composés et transmis à l'oral dans le Pendjab. Vers 1380, un traité hittito-mitannien invoque Mitra, Varuna, Indra et les Nasatya en Mésopotamie du Nord : premières mentions écrites de dieux indo-aryens.
av. J.-C. ?
Zarathoustra et l'Avesta ancien
La langue des Gâthâs, très proche du védique, plaide pour une date haute (~1500–1000) selon certains spécialistes ; d'autres préfèrent le VIIe–VIe siècle, comme la tradition zoroastrienne tardive. Ahura Mazda est exalté et les daevas, dont Indra, sont diabolisés. En Inde, c'est l'inverse : les devas restent des dieux, et les asuras, cousins d'ahura, deviennent des démons.
av. J.-C.
Madian et le Sud (Séïr)
Madian, au nord-ouest de l'Arabie, n'a laissé aucun texte, seulement de la poterie (Qurayya). Des listes égyptiennes (~1380, ~1250) mentionnent des « Shasou de Yhw » dans cette région. L'hypothèse kénite en tire un Yahvé d'abord du Sud, adopté par Israël via Jéthro, prêtre de Madian et beau-père de Moïse. À Timna, un temple égyptien d'Hathor est réemployé (~1140) en sanctuaire à tente, parfois attribué à des Madianites.
av. J.-C.
Chine des Shang
Les inscriptions divinatoires sur os montrent un culte des ancêtres royaux, qui intercèdent auprès de Shangdi, le Seigneur d'en haut. Sacrifice et divination structurent le pouvoir.
av. J.-C.
Effondrement et âge du fer I
Les cités phéniciennes (Tyr, Sidon, Byblos) prennent la relève cananéenne. Israël apparaît sur la stèle de Mérenptah (~1208), premier témoignage extérieur. Abraham et Moïse relèvent de la tradition biblique, sans attestation extérieure, et la frise part de ce qui est attesté. L'Enuma Elish est souvent placé vers cette période (datation discutée).
av. J.-C.
Olmèques, Zapotèques et Chavín
Aucun nom de dieu olmèque n'est connu : on lit les images (jaguar, serpent, épi de maïs) à la lumière de sources mayas et aztèques bien plus tardives. Les Zapotèques de Monte Albán (~500) ont l'une des plus anciennes écritures de Mésoamérique ; leur dieu de la pluie Cocijo n'est nommé que bien plus tard. Dans les Andes, le temple de Chavín de Huántar (~900–200) abrite le Lanzón, monolithe à visage félin, dans des galeries à oracles : là aussi, seulement des images de félin, de condor et de serpent.
av. J.-C.
Zhou : Tian, Confucius et Laozi
Les Zhou font du Ciel (Tian) la puissance suprême, qui retire son Mandat aux rois indignes. Confucius systématise les rites et le culte des ancêtres. Le Daodejing, attribué à Laozi, date plutôt du IVe siècle ; le taoïsme comme religion organisée n'apparaît qu'au IIe siècle apr. J.-C., d'où « taoïsme primitif » avant.
av. J.-C.
Védique tardif et Upanishads
Le sacrifice devient central (Brâhmanas). Prajapati, puis Vishnu et Rudra gagnent en importance. Les Upanishads (~800–500) cherchent un principe unique, le Brahman.
av. J.-C.
Néo-assyrien, Levant et Kush
Assurbanipal réunit à Ninive des listes de dieux bilingues (~650). Samarie tombe en 722. En Israël et à Juda, Yahvé est parfois associé à Ashéra (Kuntillet Ajrud, ~800), tandis que Moab vénère Kemosh et Ammon Milkom. Les rois de Kush (~747–656) règnent sur l'Égypte et vénèrent Amon de Napata ; la Bible cite Taharqa contre Sennachérib. Plus au sud, D'mt (Éthiopie du Nord, dès ~980) reçoit des cultes sabéens, dont Almaqah à Yéha.
av. J.-C.
Urartu (haut plateau arménien)
Le royaume d'Urartu, autour du lac de Van, parle une langue apparentée au hurrite. Une inscription rupestre de Meher Kapısı (~800) énumère des dizaines de dieux, sous Haldi, Teisheba (orage) et Shivini (soleil). En 714, Sargon II pille le temple de Haldi à Musasir.
100 apr. J.-C.
Arabie du Sud et Nabatéens
Au sud, les Sabéens vénèrent Almaqah, dieu-lune, et Athtar, l'étoile du soir, cousin de l'Ishtar mésopotamienne. Au nord, Hérodote (~440) mentionne Alilat, et les Nabatéens de Pétra (dès le IVe siècle av.) honorent Dushara, Al-Uzza et Allat. Les traditions sur La Mecque préislamique viennent de sources islamiques bien plus tardives.
av. J.-C.
Grèce archaïque et classique
Homère et Hésiode (~700) fixent la famille olympienne. Chaque cité honore ses dieux par des cultes civiques (Athéna à Athènes), tandis que des cultes à mystères (Éleusis, Dionysos, orphisme) promettent un meilleur sort après la mort. Xénophane critique déjà les dieux à forme humaine (~530). À Rome, la triade capitoline Jupiter, Junon, Minerve est traditionnellement fondée en 509. En Phrygie voisine, la Grande Mère Matar, future Cybèle, est déjà vénérée.
av. J.-C.
Scythes (steppe pontique)
Peuple de langue iranienne, sans écriture. Hérodote (~440) décrit leurs dieux en les assimilant à des dieux grecs : Tabiti, déesse du foyer, Papaios, Api la Terre. Ils vénèrent aussi un sabre planté dans un tertre, équivalent d'Arès.
av. J.-C.
Étrusques
Les Étrusques écrivent en alphabet dérivé du grec, mais il reste surtout des inscriptions courtes et le Liber linteus, calendrier rituel (~250). Leur triade Tinia, Uni, Menrva inspire la triade capitoline de Rome, et leur art de lire le foie des animaux et la foudre (haruspicine) est adopté par les Romains.
av. J.-C.
Néo-babylonien et exil
Jérusalem tombe en 587/586, l'élite judéenne est déportée à Babylone jusqu'en 539. D'autres Judéens fuient en Égypte (Jérémie), alors gouvernée depuis Saïs. Nabonide privilégie Sîn, l'ancien Nanna. Beaucoup d'historiens situent ici l'affirmation d'un Yahvé unique.
av. J.-C.
Bouddha et Mahavira
Bouddha et Mahavira sont des maîtres plutôt que des dieux : ils relativisent le sacrifice védique et proposent une libération du cycle des renaissances. Les dates traditionnelles (Bouddha ~563–483) sont revues à la baisse par beaucoup d'historiens.
av. J.-C.
Empire perse achéménide
Cyrus prend Babylone en 539 et s'y dit choisi par Marduk ; la Bible le montre autorisant le retour des Judéens. Le second Temple est achevé vers 516, et beaucoup situent sous les Perses la mise en forme de la Torah. À Éléphantine, en Égypte, une garnison judéenne vénère Yahou aux côtés d'autres divinités. Sous Darius Ier, les inscriptions attribuent tout à Ahuramazda ; vers 400, Artaxerxès II invoque aussi Mithra et Anahita.
av. J.-C.
Celtes de La Tène
Aucun texte celte : nos sources sont grecques et romaines (César, Lucain) et des inscriptions gallo-romaines. Les druides sont mentionnés dès les IIIe–IIe siècles av. J.-C. Cernunnos figure sur le Pilier des Nautes (Paris, Ier siècle apr.), Lugus sur des inscriptions ; le Lug irlandais vient de textes médiévaux.
200 apr. J.-C.
Thraces, Ibères et Berbères (vus de l'extérieur)
Aucun de ces peuples n'a laissé de textes religieux. Hérodote (~440) rapporte que les Gètes de Thrace croient à l'immortalité et honorent Zalmoxis ; Bendis est introduite à Athènes vers 430. Les dieux ibériques et lusitaniens ne sont connus que par des inscriptions latines d'époque romaine. Pour les Berbères, Hérodote évoque un culte du Soleil et de la Lune, et l'oracle d'Ammon à Siwa, consulté par Alexandre en 331, mêle Amon égyptien et traditions libyennes.
av. J.-C.
Alexandre, Ptolémées, Séleucides
Sous les Ptolémées, Sarapis (~285) associe dieux égyptiens et grecs, et Isis se diffuse. Rome assimile ses dieux aux dieux grecs, accueille Cybèle (204) et réprime les Bacchanales (186). Antiochos IV installe un culte de Zeus dans le Temple de Jérusalem (167), ce qui déclenche la révolte des Maccabées ; la Torah est déjà traduite en grec (~250). Les cultes phéniciens survivent à Tyr et Carthage, et à Méroé le lion Apedemak s'ajoute à Amon. En Inde, Ashoka (~268–232) soutient le bouddhisme ; en Chine, les Han font du confucianisme la base de l'État (~136). Bérose écrit en grec l'histoire de Babylone (~290).
100 apr. J.-C.
Germains (sources tardives)
Les Germains n'écrivent pas leur religion. César (~50 av.) leur prête un culte du Soleil, du feu et de la Lune, tandis que Tacite (98 apr.) nomme des dieux qu'il assimile à Mercure, Hercule et Mars. Odin et Thor ne sont décrits en détail que dans les Eddas, rédigées au XIIIe siècle, longtemps après la christianisation.
900 apr. J.-C.
Mayas classiques
Les Mayas sont les seuls Américains dont l'écriture est largement déchiffrée. Les inscriptions royales (dès le IIIe siècle apr.) et les codex peints nomment Itzamná, Chaac (pluie) et un dieu du maïs. Le Popol Vuh, écrit vers 1550 en caractères latins, raconte la descente des jumeaux Hunahpu et Xbalanque à Xibalba, le monde des morts.
75 apr. J.-C.
Rome, Parthes et Aksum
Rome adopte le culte de l'empereur dès Auguste (27 av.) et Isis gagne tout l'Empire. Les mystères de Mithra n'apparaissent dans les sources qu'à la fin du Ier siècle, et leur lien avec le Mithra iranien est débattu. Aksum naît au Ier siècle ; ses dieux Astar et Mahrem ne sont attestés qu'à partir du IIIe, avant la conversion d'Ezana (~330). Le Temple de Jérusalem est détruit en 70. Le bouddhisme entre en Chine vers 65. Dernier texte cunéiforme daté : ~75. L'Avesta reste oral jusqu'aux Sassanides ; en Inde, Vishnu et Shiva passent au premier plan.
apr. J.-C.
Gnose, mandéisme et manichéisme
Ces mouvements ne forment pas des panthéons mais des mythes de salut. Les gnostiques (IIe siècle) opposent un Dieu inconnu à un créateur inférieur, Yaldabaoth, et donnent un rôle à Sophia ; leurs textes viennent surtout des codex de Nag Hammadi (IVe siècle), et la catégorie « gnosticisme » est elle-même débattue. Les Mandéens du Sud de l'Irak vénèrent la Grande Vie et Jean-Baptiste. Mani (216–274 environ) fonde un dualisme lumière contre ténèbres qui se répand de Rome à la Chine.
apr. J.-C.
Asie du Sud-Est (Funan, Angkor, Viêt Nam)
Les tambours de bronze Dong Son (~600 av.–200 apr.) portent des scènes rituelles sans texte. Les premières sources écrites viennent de Chine (Funan, IIIe siècle), puis des inscriptions d'Angkor (IXe–XVe siècles), où Shiva, Vishnu et le Bouddha recouvrent des cultes d'esprits plus anciens. Le mythe fondateur vietnamien (Lạc Long Quân et Âu Cơ) n'est écrit qu'aux XIVe–XVe siècles, et le culte des 37 nats birmans est attribué par la tradition au roi Anawrahta (XIe siècle).
apr. J.-C.
Slaves, Baltes, Finnois, Samis et Basques
Chez les Slaves, Procope (~550) évoque un dieu de la foudre, la Chronique de Nestor cite en 980 Perun et Mokosh, et Saxo Grammaticus (~1200) décrit Svantevit. Les Baltes restent païens jusqu'en 1387 (Lituanie) et sont connus par des chroniques et des chants populaires recueillis plus tard ; Perkūnas est cousin linguistique de Perun. Agricola liste des dieux finnois en 1551, et des missionnaires décrivent les tambours des Samis aux XVIIe–XVIIIe siècles ; le Kalevala (1835–49) recompose des poèmes populaires. Mari et Sugaar sont recueillis chez les Basques au XXe siècle, et leur ancienneté est débattue.
apr. J.-C.
Tibet préboudhique et Bön
Les manuscrits de Dunhuang (VIIIe–Xe siècles) décrivent des rites royaux préboudhiques. Le Bön comme religion structurée ne se forme qu'après l'arrivée du bouddhisme, vers le Xe–XIe siècle, autour de Shenrab Miwo, fondateur légendaire, tout en gardant des esprits locaux (lu, tsen).
apr. J.-C.
Japon : Kojiki et Nihon shoki
Le shinto n'a ni fondateur ni dogme. Ses mythes sont fixés par écrit dans le Kojiki (712) et le Nihon shoki (720), commandés par la cour pour légitimer la lignée impériale, descendante d'Amaterasu. L'archéologie (miroirs, cloches de bronze de la période Yayoi, dès ~300 av.) montre des rites bien plus anciens.
apr. J.-C.
Turcs et Mongols
Les inscriptions de l'Orkhon (732–735), premiers textes turcs, invoquent Tengri, le Ciel. Les Mongols de Gengis Khan (~1206) héritent de ce culte du Ciel éternel, décrit dans l'Histoire secrète des Mongols (~1228).
apr. J.-C.
Afrique de l'Ouest (Yoruba, Fon, Akan, Dogon)
Aucune de ces traditions n'a d'écriture ancienne : elles passent par l'oral, par l'art (bronzes d'Ife, ~1200) et par des récits européens souvent tardifs et déformants. Chez les Yoruba, un dieu suprême lointain, Olodumare, laisse la place à des orishas actifs comme Shango (foudre) ou Ogun (fer). Les Fon associent Mawu et Lisa, couple céleste, à Legba, messager. Les Akan honorent Nyame, dieu du ciel, et la Terre Asase Yaa. Les Dogon, décrits par Griaule dans les années 1930–40, invoquent Amma ; leurs prétendus savoirs astronomiques secrets sont très contestés.
apr. J.-C.
Corée : Dangun et le musok
Le mythe de Dangun, fils de Hwanung et d'une femme-ours, n'est fixé qu'au XIIIe siècle (Samguk yusa), avec une fondation traditionnelle datée de 2333 av. J.-C. Des sources chinoises du IIIe siècle décrivent déjà des rites dirigés par des spécialistes dans les royaumes du Sud (Samhan). Le chamanisme coréen (musok), centré sur des médiums appelées mudang, se transmet jusqu'à aujourd'hui.
apr. J.-C.
Aztèques et Incas
Les Mexicas héritent de dieux bien plus anciens (Tlaloc, le Serpent à plumes de Teotihuacan). Nous les connaissons par des codex peints et par le franciscain Sahagún (~1577), dont le regard est chrétien. Huitzilopochtli, dieu de la guerre et du soleil, protège Tenochtitlan. Chez les Incas, Viracocha, Inti (le Soleil) et Pachamama sont décrits par des chroniqueurs espagnols du XVIe siècle, sans écriture indigène.
apr. J.-C.
Afrique centrale et australe (Bantous, Zoulous)
Les langues bantoues se diffusent depuis l'ouest de l'Afrique centrale dès ~1000 av. J.-C., avec de nombreuses variantes du culte d'un dieu créateur lointain : Nzambi chez les Kongo (décrit par les Portugais dès la fin du XVe siècle), Mwari chez les Shonas, Leza chez les Bembas. Le culte des ancêtres, plus proche des vivants, domine la vie religieuse. Unkulunkulu, « le très ancien », est recueilli chez les Zoulous par des missionnaires du XIXe siècle.
apr. J.-C.
Sibérie (sources ethnographiques)
Le mot « chaman » vient de l'évenki et entre en Europe au XVIIe siècle. Les esprits animaux, le culte de l'ours et le dieu du ciel Num des Samoyèdes sont décrits par des ethnographes russes du XVIIIe au XXe siècle. Des tombes de l'Altaï (Pazyryk, ~500 av.) montrent des pratiques anciennes, mais sans texte.
apr. J.-C.
Amérindiens d'Amérique du Nord
Ces traditions se sont transmises oralement et restent vivantes ; les récits écrits datent surtout des XVIIe–XXe siècles, recueillis par des missionnaires et des ethnologues, avec des déformations. Les Lakota vénèrent Wakan Tanka, « le grand mystère », plutôt qu'un dieu unique personnifié. Chez les Haudenosaunee, la Femme-Ciel tombe du monde d'en haut et donne naissance à des jumeaux opposés ; la Grande Loi de la Paix est datée de ~1142 à ~1600 selon les sources. Chez les Inuits, Sedna, maîtresse des animaux marins, gouverne la chasse ; chez les Pueblos, les katsinas sont des esprits ancêtres incarnés par des danseurs masqués.
apr. J.-C.
Polynésie
Les Polynésiens ont colonisé le Pacifique sans écriture, à partir de Tonga et de Samoa (dès ~1000 av.) jusqu'à la Nouvelle-Zélande (vers 1250–1300 apr.). Leurs récits sont notés depuis les voyages de Cook (1770) puis par des missionnaires. Tangaroa, Tāne (forêts, création de l'humain) et Rongo (cultures) se retrouvent, sous des formes variables, d'un archipel à l'autre.
apr. J.-C.
Aborigènes d'Australie
Le Rêve n'est pas un panthéon : c'est un ordre où des êtres ancestraux ont façonné paysages, lois et espèces, transmis par chants, cérémonies et peintures. Il varie selon les peuples : le Serpent arc-en-ciel est cité dans le nord, Baiame dans le sud-est. Les humains sont présents en Australie depuis au moins ~50 000 ans, mais on ne peut pas dater ces croyances ; des images de serpent dans l'art rupestre remonteraient à environ 6 000 ans selon certaines estimations.